NEGOCIANT
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LE MONDE DES NEGOCIANTS

Le terme de "négociant", tend à dissocier deux catégories de commerçants : les marchands en gros, que l'on nomme ainsi les négociants, des marchands à l'étalage, de condition plus modeste.

     Mais, cette distinction, plus qu'économique, est surtout sociale. Elle est alors très prisée. La cause en est d'ailleurs très simple. Les négociants constituent l'élite du commerce  : ils sont le plus souvent riches, nobles ou en voie d'anoblissement, et fréquentent les classes aisées de la population. La richesse de leurs effets, permettait de les distinguer aisément de toute autre catégorie, plus modeste . "Appuyés sur leurs cannes à pommeau d'or, poudrés, habillés de vêtements d'un blanc éclatant", ils constituaient un véritable patriciat dominant l'ensemble du négoce.

     Ils ne se confondent que par obligation, au reste du négoce, formant un groupe à part, et aspirant à être reconnus parmi les ordres privilégiés du royaume.  A Nantes, douze négociants dominent, de part l'importance de leur commerce et de leur influence au sein du monde des négociants : les Grou, les Espivent de la Villeboisnet, les de Luyne, les Potier de Lantimo, les Montaudoin, les Bouteiller, les Drouin, les Michel, les Richard, les Berthrand, les Périssel et les Budan. Les huit derniers seraient issus de riches familles de négociants orléanaises.

     Suite à la révolution, ils furent privés de leurs biens d'outre-mer, donc de leurs revenus, par la guerre maritime et la révolte des noirs, conséquence directe des principes révolutionnaires. Toute cette aristocratie qui s'était formée au fil de ces deux siècles de commerce avait été anéantie et avait perdu toute sa fortune. Des indemnités dérisoires, leur furent versées, pour l'affranchissement définitif des îles.

     Bien que l'esclavage ait été rétabli plus tard par Napoléon, la Révolution mit bel et bien fin à "l'âge d'or du négoce".  

Cet armateur - peut-être Montaudoin - avec perruque, jabot, manchettes, laque, porcelaine et chocolat (... et du sucre pour le chien ! ) respire l'opulence que procurent bonne conscience et commerce colonial.

( Négrin - 1757 )