LA CONTREBANDE D'INDIENNES
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             Lyon était surnommée la ville de la soie, les femmes de la haute société venaient s'y habiller. Puis apparurent les indiennes, étoffes fabriquées en Inde et peintes avec des ramages de toutes  les couleurs, dont le roi fit interdire l'entrée ainsi que la fabrication en France. Les Anglais profitèrent de l'occasion pour en confectionner et les introduisent, "camouflées", lors des livraisons de tabac. Les douaniers cherchent alors aussi sur les bateaux : les mousselines, les dentelles... Il y avait interdiction de porter des tissus d'indiennes, mais les riches dames de l'île Feydeau en achetaient quand même. C'était des femmes de planteurs d'Amériques, d'armateurs, de juges...  elles ne risquaient donc pas d'être condamnées pour fraudes.

         Les prix baissèrent. A partir de ce moment-là tout le monde eut les moyens de s'acheter des indiennes, aussi bien le peuple que les riches. Le roi annula alors le décret en 1759, on pouvait donc en acheter ou en importer de nouveau. Nantes devint le plus grand centre indienneur de l'ouest, 5000 personnes y travaillaient. Mais on ne fabriquait pas les mêmes que celles provenant d'Inde. Ces indiennes servaient aussi de monnaie d'échange contre des esclaves. On donnait un certain nombre d'indiennes selon l'âge et la dentition. On chargeait les bateaux, à Nantes, d'indiennes vers l'île de Gorée en Afrique pour les petits seigneurs qui achetaient des tissus pour leurs femmes. Les indiennes servaient à faire des robes, des châles, des cachemires et aussi des couvre-lits.

         Le commandant du bateau qui partait pour Gorée faisait charger à Paimboeuf. Les indiennes constituaient un  tiers de la cargaison. En arrivant en Afrique, il allait voir le roi pour lui donner des indiennes et en échange, il ramenait des Noirs.

         Exemple de cargaison : 600 pièces d'indiennes, 300 pièces d'autres tissus, 200 pièces de coton blanc, 2000 bassines de cuivre, 28800 couteaux, 6 caisses de pipes et 6 coffres de vieux linges.

        Les tissus destinés à l'Afrique étaient appelés : "les toiles de Nantes".