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| L'EFFET FONDATEUR, UN EFFET D'ECHANTILLONNAGE |
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Pour comprendre l'effet fondateur il faut se remettre en mémoire que lors de son expansion progressive sur tous les continents l'Humanité était peu nombreuse, tout au plus quelques centaines de milliers d'Hommes. Cette expansion s'est faite par l'émigration de petits groupes issus d'une population plus importante. Le groupe ou les groupes d'émigrants constitués de quelques dizaines d'individus représentent un échantillonnage des individus du groupe souche, généralement plus nombreux. Cet échantillonnage, effectué au hasard (il n'existe pas de gène de la migration !), n'est pas fidèle aux fréquences alléliques de la population souche. Il est même dépourvu de certains allèles, généralement ceux qui sont faiblement représentés dans la population d'origine. Cependant un allèle peu fréquent dans le groupe souche peut être sur-représenté dans le groupe de migrants.
Dans ce schéma issu de « les Hommes, passé, présent, conditionnel », les migrants traversent des bras de mer. Les déserts, les montagnes ou tout simplement la distance font aussi bien l'affaire. Au reste, rien de cela n'est infranchissable pour les Hommes et leurs allèles car il existe toujours des échanges génétiques entre les populations. Il ne faut pas imaginer non plus que les fréquences alléliques des populations issues des migrants demeurent fixes au cours du temps car la dérive génétique affecte particulièrement les populations de petite taille.
Dessin David TESSIER
Exemple : la quasi absence de l'allèle B du gène ABO dans les
populations amérindiennes peut être interprétée
comme le résultat d'un effet fondateur et/ou d'une dérive
génétique. Les études portant sur d'autres gènes
montrent que ces Amérindiens sont issus de populations sibériennes
où la fréquence allélique de B est d'environ 25 %.
Sources : Les Hommes passé, présent, conditionnel, Génétique et évolution moléculaire, travaux pratiques assistés par ordinateur. Références bibliographiques
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