Génétique des populations humaines

ECHANGES GENETIQUES ENTRE LES POPULATIONS          


Dessin David Tessier, Génétique et évolution moléculaire, travaux pratiques assistés par ordinateur. CRDP Nantes.

L'effet fondateur, la dérive génétique et des pressions de sélection différentes selon les lieux conduisent à des divergences génétiques de plus en plus grandes. A terme, un isolement reproductif assez prolongé pourrait conduire à la spéciation. Les échanges génétiques entre les populations assurent au contraire un brassage allélique qui maintient l'unicité de l'espèce et même conduit à l'impossibilité de définir des « races ». Des études menées sur les tribus amérindiennes montre que le quart des effectifs d'une tribu est, au dix-huitième siècle, né dans une autre tribu. L'existence même des tribus paraît assez brève (quelques générations au maximum).

On objectera que les Bushmen n'ont que peu de contact avec les Patagons. Ils ont, en fait, à l'échelle des temps géologiques, des échanges génétiques via les populations qui habitent entre eux.

On constate en étudiant les fréquences alléliques sur des échantillons suffisamment grands que des allèles que l'on croyait absents d'une population sont en fait presque toujours portés par quelques individus. Ils sont la trace de ces échanges génétiques qui n'ont jamais cessé assez longtemps pour qu'on puisse caractériser une population par la présence, ou l'absence d'un allèle particulier. La naissance des états-nation et le succès des idéologies racistes depuis le début du dix-neuvième siècle pourrait faire croire qu'un coup fatal a frappé les échanges génétiques entre populations. Les faits sont là : plus d'un français sur quatre a au moins un de ses grand-parents né à l'étranger. Au fait, c'est quoi, un étranger, en génétique des populations ?


Sources : Les Hommes passé, présent, conditionnel, Génétique et évolution moléculaire, travaux pratiques assistés par ordinateur. Références bibliographiques