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Présence du corps dans la pensée de Nietzsche par Blaise BENOIT
Compte rendu de la conférence prononcée à la Société Nantaise de Philosophie le 13/01/2006

Présence du corps dans la pensée de Nietzsche par Blaise BENOIT
Merci, Blaise Benoît, pour cette belle méditation nietzschéenne, à la fois savante et vivante.
Vous prenez pour point de départ une formule radicale et paradoxale : « Le corps philosophe », pour l'expliciter en un premier temps en référence aux multiples occurrences du mot « corps » dans l'œuvre de Nietzsche (en suivant les traductions d'Eric Blondel et de Patrick Wotling) et pour pointer nombre d'activités du corps qui animent la pensée elle-même comme fil conducteur. Vous faites alors entrer en lice l'hypothèse de la volonté de puissance, qui permet de rendre compte du bouillonnement de forces en quoi consistent les incessantes métamorphoses du devenir, le corps condensant/concentrant ces tensions de forces et donc constituant comme tel l'origine, le soubassement voire le fondement même de tout discours.
Cela vous en fait venir, en un deuxième temps, à un essai ou une tentative d'interprétation de la portée d'un tel statut accordé au corps pour le distinguer de l'inconscient psychanalytique mais aussi du matérialisme (prosaïque comme scientifique), en ce que tous deux succombent à l'illusion sémantique qui engendre la croyance en un sujet stable et identique à soi, la science elle-même n'étant qu'une interprétation qui prend ses raisons ou ses mesures pour la réalité en lui administrant sa froide mécanique, à laquelle il faut opposer la fluidité de l'interprétation musicale en souvenir sans doute de Schopenhauer (le premier maître de Nietzsche). On ne peut pas, non plus, se tourner vers l'hédonisme pour interpréter le statut que Nietzsche accorde au corps jusque dans la pensée philosophique, puisqu'il s'agit pour lui d'affronter l'adversité avec une gaieté d'esprit ou encore une grandeur d'âme quasi stoïcienne, qui confère la certitude et la plénitude de soi. Vous vous démarquez, enfin, d'une interprétation politique qui confondrait la pensée de Nietzsche avec le plat réalisme de Calliclès, alors que la véritable force consiste à surmonter sa propre faiblesse, ce qui confère au corps sa vraie santé et fonde une légitime hiérarchie qui évolue avec les rapports de forces eux-mêmes. La manifestation la plus haute de la volonté de puissance n'est donc pas dans l'affrontement de forces brutes mais dans leur spiritualisation, la pensée de Nietzsche échappant ainsi à tout biologisme.
En un troisième et dernier temps, vous précisez donc votre interprétation de la formule : « Le corps philosophe », en revenant à la métaphore musicale et déployant une véritable philosophie de l'oreille, qui se distingue de la philosophie antique et classique de l'œil et qui s'accomplit en une politique de la reconnaissance incorporée, effective, l'amour de l'autre passant par l'amour de soi (ce qui est bien éloigné de l'apologie de la force brute et accomplit, en un certain sens, le christianisme lui-même).
Ainsi, concluez-vous, de la formule initiale et quelque peu provocatrice : « Le corps philosophe » il n'y a rien à craindre mais tout à espérer en vue d'une élévation de l'homme.
Cela vous en fait venir, en un deuxième temps, à un essai ou une tentative d'interprétation de la portée d'un tel statut accordé au corps pour le distinguer de l'inconscient psychanalytique mais aussi du matérialisme (prosaïque comme scientifique), en ce que tous deux succombent à l'illusion sémantique qui engendre la croyance en un sujet stable et identique à soi, la science elle-même n'étant qu'une interprétation qui prend ses raisons ou ses mesures pour la réalité en lui administrant sa froide mécanique, à laquelle il faut opposer la fluidité de l'interprétation musicale en souvenir sans doute de Schopenhauer (le premier maître de Nietzsche). On ne peut pas, non plus, se tourner vers l'hédonisme pour interpréter le statut que Nietzsche accorde au corps jusque dans la pensée philosophique, puisqu'il s'agit pour lui d'affronter l'adversité avec une gaieté d'esprit ou encore une grandeur d'âme quasi stoïcienne, qui confère la certitude et la plénitude de soi. Vous vous démarquez, enfin, d'une interprétation politique qui confondrait la pensée de Nietzsche avec le plat réalisme de Calliclès, alors que la véritable force consiste à surmonter sa propre faiblesse, ce qui confère au corps sa vraie santé et fonde une légitime hiérarchie qui évolue avec les rapports de forces eux-mêmes. La manifestation la plus haute de la volonté de puissance n'est donc pas dans l'affrontement de forces brutes mais dans leur spiritualisation, la pensée de Nietzsche échappant ainsi à tout biologisme.
En un troisième et dernier temps, vous précisez donc votre interprétation de la formule : « Le corps philosophe », en revenant à la métaphore musicale et déployant une véritable philosophie de l'oreille, qui se distingue de la philosophie antique et classique de l'œil et qui s'accomplit en une politique de la reconnaissance incorporée, effective, l'amour de l'autre passant par l'amour de soi (ce qui est bien éloigné de l'apologie de la force brute et accomplit, en un certain sens, le christianisme lui-même).
Ainsi, concluez-vous, de la formule initiale et quelque peu provocatrice : « Le corps philosophe » il n'y a rien à craindre mais tout à espérer en vue d'une élévation de l'homme.
Rédacteur : Joël GAUBERT
En savoir plus sur l'auteur :
Blaise BENOIT
Partenaire :
Société Nantaise de Philosophie
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Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective.
Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Le titulaire des droits autorise toutefois la reproduction et la représentation des vidéos, des audios ici proposés à titre de copie privée ou a des fins d'enseignement et de recherche et en dehors de toute utilisation lucrative. Ceci, sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur, de l'éditeur et la source tels que signalés dans le présent document.
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Mots clés :
Information(s) pédagogique(s)
Niveau :
tous niveaux
Type pédagogique :
Libellé inconnu
Public visé :
non précisé
Contexte d'usage :
non précisé
Référence aux programmes :
philosophie, devenir, volonté de puissance, matérialisme, interprétation, sujet, science, hédonisme, politique, musique, corps, nietzsche
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