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échos du Printemps des Poètes au lycée J. du Bellay d'Angers (4ème partie)
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RENCONTRE AVEC LE POETE YVES JOUAN

« On a su parler avant de savoir écrire et je ne sais pas si on saurait écrire avant de savoir parler »
Yves Jouan est né en 1951 au Havre, où il a vécu avant d'habiter et de travailler dans diverses communes de l'agglomération rouennaise. Il a longtemps dirigé des services culturels municipaux, près de Rouen, puis à La Courneuve. Il a ensuite travaillé aux rencontres chorégraphiques de Bagnolet.
Bibliographie :
Azadî, éditions Dumerchez
Au point de tous, éditions Dumerchez
Chemin de l'iris, éditions Dumerchez
Mines, Les Petits Classiques du Grand Pirate, avec le peintre
Michel Mousseau
Jours mêlés, L'Inventaire
Juste là, Dumerchez
Pas d'elle (à paraître), avec Sido
Expérience des lieux (à paraître)

Il est aussi l'auteur d'une dramatique radiophonique produite par France Culture et diffusée par France Culture, RFI et RFO : L'autre bout du monde, réalisation : Etienne Vallès.
LIVRES D'ARTISTES EN COLLABORATION AVEC DES PLASTICIENS:
A deux pas, L'Art et la Paix, avec Pierre Duclou
L'invention de la piste, Maison Louis Guilloux, avec Yolaine Carlier et Isabelle Grelet
Nuit du vivant, L'Hôte Nomade, avec Bob Pilar-Valère
Entre temps, La Turmelière, avec Evelyne Sommer
Voie commune, imprimerie d'Alsace-Lozère, avec Bernard Gabriel
Lafabrie
Et seulement, imprimerie d'Alsace-Lozère, avec Bernard Gabriel Lafabrie,
A la veille, centre poétique de L'Echelle, avec Maria Desmée
Sommes, atelier de Villemorge, avec Jacky Essirard.
PASSER DE L'ECRIT A LA LECTURE, DIS-MOI UN POEME
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Dans le cadre de ce Printemps des Poètes dont le thème est l'oralité, nous avons sollicité Yves Jouan pour amorcer une réflexion sur la lecture, c'est-à-dire sur l'importance de ne pas seulement lire mais aussi de s'approprier le texte et l'interpréter à sa manière. En amont, les élèves de seconde 9 ont travaillé avec M. Slamet, l'intonation, le souffle et la vitesse de lecture afin qu'ils livrent à l'auteur leur interprétation de ses textes.
Le son est premier dans le poème :
« On écrit toujours avec dans l'oreille la mémoire du son de ce que l'on écrit, on est toujours dans la mémoire de l'oral.
Aujourd'hui, on est plutôt dans la poésie sans rimes. On peut penser que dans la poésie contemporaine, il y ait un peu plus de liberté mais la liberté ce n'est pas une absence de contraintes, de rigueur. Ce sont des contraintes internes qui ne sont pas non plus dictées. Je me dis les poèmes, c'est comme cela que je vois que le rythme me convient ou ne me convient pas. Il y a une espèce de contrainte rythmique, il y a beaucoup de re-travail dans l'écriture de poèmes. Je m'aperçois qu'en retravaillant le rythme, j'ai souvent élucidé la chose sur le fond. Je retravaille l'agencement des mots, les mots de trop et le rythme. En matière de poésie, il y a deux aboutissements, l'aboutissement écrit : l'imprimé ; et l'aboutissement oral : selon le rythme, la rapidité, l'intonation que l'on donne, le ton que l'on donne à l'interprétation orale, on donne un sens ou un autre à l'interprétation. Ce qui me plaît, c'est que les gens donnent un sens même si ce n'est pas celui que j'ai voulu donner. C'est un éclairage que je n'avais pas sur ce que j'ai écrit. Ce n'est pas le sens que j'ai voulu mettre mais ce n'est pas en contradiction non plus. »
Lectures d'extraits de « Tango, peintures du monde » :
Une parole bruisse quand nos silhouettes entourent notre silence l'entraînent étourdi pieds nus bientôt vers la rivière
Entre le lieu et
le non-lieu
nous
Tenus dé-
tenus
Et nous faisons
Avec ou sans
volonté
nous faisons
La seule
épaisseur est celle
de la planète
obscure
dense
si dense qu'elle
retient à elle
toute lumière

Il faut marquer des temps suffisants pour que l'on sache que l'on est passé à autre chose, même si on lit plusieurs textes à la suite, il faut marquer des pauses. Il est important pour les gens qui nous entendent, qui n'ont pas forcément lu le texte, qu'il y ait une espèce de restitution des vers, un petit suspens, une petite suspension au bout de chaque vers. C'est la tonalité qui va indiquer que l'on n'est pas dans un texte différent.
On a tous tendance à baisser le ton au bout des phrases, au bout des textes, au bout des vers : c'est ce que l'on a appris à l'école primaire. Or souvent le dernier mot est un mot important, c'est l'aboutissement. Baisser le ton, c'est ne plus l'entendre ; baisser le ton donne une couleur amoindrie au dernier mot. Il faut donc faire tout le contraire. Il est important de tenir la tension et l'attention jusqu'au dernier mot. »
Poème lu par des élèves : aimer...
Poème lu par des élèves : geste suspendu...
Prolongement en AP avec un travail sur le langage et l'écrit poétique
Ce travail autour de la poésie s'est poursuivi en AP, avec 18 élèves de seconde 6 et leur professeur de lettres, Mme De Surmont. Du 27 mars au 15 mai 2013 : quatre séances pour s'approprier l'écrit poétique à partir de jeux de langues et de contraintes d'écriture qui paradoxalement facilitent la créativité des élèves. La dernière heure sera consacrée au métier d'écrivain, Yves Jouan reviendra parler de son travail.
Information(s) pédagogique(s)
Ressources associées
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le Printemps des Poètes 2013 : les voix du poème
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