- Cycle 4
- 4ème
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- classe
- Arts plastiques
La reproduction comme protocole artistique
Comment la reproduction d'une image peut-elle devenir une opération artistique ?
Le dispositif est pensé en deux étapes.
Etape n°1
" Devant vous se trouve une reproduction d'œuvre, à votre tour de la reproduire ! "
Etape n°2, soit au bout de 20 minutes...
" Le temps passe et, changement de programme, vous devez reproduire la reproduction de votre voisin (sans connaître la reproduction de l'œuvre d'art originale)."
2 séances avec des techniques graphiques sèches, sur un support papier, à savoir ici une feuille de format A5.
La réalisation est individuelle mais répond à un protocole collectif !
Les reproductions d'œuvres proposées
- Robert DELAUNAY, Autoportrait, huile sur toile, 1909
- Paul SIGNAC, Voile et pins, huile sur toile, 1896
- Pablo PICASSO, Portrait de Dora Maar, huile sur toile, 1937
- Georges ROUAULT, Automne, Toits pourpres, huile, encre, gouache sur papier, 1948-1953
Séance n°1
La classe est organisée en îlots et la mixité est de mise ! Plusieurs photocopies en couleurs sont distribuées, MAIS seule la même image est donnée par îlot. Chaque îlot reçoit une reproduction d'œuvre différente.
Les élèves de chaque îlot ont vingt minutes pour reproduire l’œuvre photocopiée avant de faire passer leurs " re-productions" à l’îlot suivant. Un second temps de 20 minutes est donné pour reproduire les travaux de l’îlot précédent.
Un premier bilan intermédiaire permet de s'interroger sur la copie, l'oubli, la perte et l'écart.
Séance n°2
La dernière série de travaux est distribuée à des élèves différents. Ils ont ainsi pour point de départ un travail de leur camarade dont ils ne connaissent pas le modèle initial.
La demande est relancée avec cet énoncé :
" C'est la pagaille ! Tout a été mélangé ! Reproduisez une dernière fois la reproduction de la reproduction de la reproduction de l'œuvre d'art. "
Suite à ce dernier temps de pratique plastique, les élèves sont invités à accrocher les dessins au mur, à coté de ce qui ressemble au premier de la série.
Les travaux sont ainsi disposés par ordre chronologique en ligne verticale.
Les éléments de verbalisation
Que nous donne à voir le dispositif d'accrochage ?
L'écart est de plus en plus important au fur et à mesure des reproductions.
« Plus on avance dans les reproductions plus c'est différent. »
« Sur le travail de Lucien, on reconnaît l'œuvre mais pas sur celui qui vient après. »
Qu'apporte le décalage ?
La présentation permet de visualiser les différences, parfois minimes mais riches en terme de qualité plastique, car la fatigue du geste apporte bien évidemment de nouveaux éléments à l'œuvre travaillée, comme une certaine mise en avant des expressions, des formes et des couleurs.
Pour les reproductions des portraits en peinture : « ils n'ont pas les mêmes visages » ou encore « Il y en a un, on dirait qu’il est en colère et pas l’autre. »
Certains propos font écho à ce qui a été dit en 6ème et en 5ème dans le cadre de séances sur cette question de la ressemblance approfondissant la réflexion avec l'idée de vraisemblance, de déformation et même parfois d'abstraction, de perte de la figure.
Les références artistiques
Pour aller plus loin dans la réflexion, il faudrait certainement évoquer les termes de VARIATION, SUITE ou SERIE liées au protocole imposé par le professeur.
L'œuvre de Les copistes de Julien NEDELEC, est sans aucun doute un point de départ pour poser la problématique de la "malfaçon" et, plus largement, cerner les enjeux artistique d'une telle démarche.
Un regard attentif sur la série des taureaux de Picasso comme sur le travail autour de l'arbre chez Mondrian peut apporter un éclairage sur ce travail de recherche et de reprise d'un même motif.
Les références proposées en fin de séance complètent celles vues en 6e et 5e et construisent ainsi une culture artistique élargie.
- Andy WARHOL, Ten Lizes, sérigraphie, 1963
- Jean-Michel BASQUIAT, Mona Lisa, technique mixte sur toile, 1986
Information(s) pédagogique(s)
La ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l'écart en art.
La différence entre ressemblance et vraisemblance.