Espace pédagogique

le monument aux morts d'Escoublac - La Baule (1)

Collecte de fonds et projets pour l'édification du monument aux morts d'Escoublac - La Baule


Comme dans de nombreuses autres communes après la guerre, la mairie montre rapidement la volonté d'ériger un monument à la mémoire des 143 « Enfants de la Commune tombés au Champ d'Honneur », en associant la population (doc 1).
Mais la particularité est ailleurs : ce n'est pas un, mais deux monuments qui sont prévus dans cette commune bicéphale. En bon administrateur, monsieur Pavie, le maire, ne peut ignorer que si le vieux bourg d'Escoublac garde encore une certaine prééminence, l'avenir appartient à la dynamique station balnéaire qui se développe en bas de « la falaise » de sable.
Document 1 - Le 22 juillet 1919, appel du maire à la générosité des propriétaires,

probablement sous forme d'une lettre, car il s'agit d'un format A4, trop petit pour être affiché. Née en 1866, Joseph Pavie a une formation d'avocat. Il est élu maire provisoire à la disparition d'Edouard Trabaud, le 8 juillet 1917, et sera élu maire d'Escoublac-La Baule le 10 octobre 1919, jusqu'en 1925.
En 1921, la population de la commune est de 3 400 habitants environ. La Baule, jeune station balnéaire, dépasse déjà le vieux bourg rural d'Escoublac en nombre d'habitants (1 900 contre 1500). Mais la commune s'appelle encore Escoublac-La Baule.

Dans une station aussi réputée, les dons des propriétaires ne se limitent pas aux résidents mais proviennent de la France entière, accompagnés quelquefois de commentaires poignants (doc 2). Au total, la municipalité collectera ainsi plus de 4200 francs de dons, auxquels s'ajouteront les 4000 francs de subventions communales ainsi que la subvention de l'Etat, calculée selon un barème prenant en compte le pourcentage de soldats morts au combat dans la population totale.

Document 2 - Lettre du 16 août 1919
le montant de la souscription de base est modique (un billet de 5 francs). D'autres souscriptions proviennent de Nantes, Saumur, ou Paris.



En juillet 1919, la commune d'Escoublac-La Baule se met en quête d'un modèle de monument. Elle  reçoit alors de nombreux catalogues provenant des entreprises qui se spécialisent dans ce marché en plein essor qu'est le monument aux morts. Il semble bien que monsieur Pavie ait été favorablement impressionné par les réalisations des Marbreries Générales dont le siège est à Paris (doc 3).

Document 3 - Le modèle n° 1920 comporte des variantes, dont la 1920 B, modèle avec croix.


Cependant la municipalité ne paraît guère pressée de conclure : après avoir demandé un premier devis à la société parisienne, elle prend contact avec une entreprise bauloise qui esquisse un croquis (doc 4) et propose un prix plus intéressant (doc 5) que les 6 200 francs que factureraient les Marbreries Générales. Pour décider le client potentiel, l'une comme l'autre font référence à la forte inflation d'après-guerre, et la nécessité de passer rapidement commande, avant que les prix ne s'envolent. En mai 1920, monsieur Guillouzo, l'entrepreneur baulois, s'accroche encore à son espoir d'emporter le marché en faisant une proposition kitsch pour une pierre moulée « genre granit », à 4 300 francs. Rien n'y fait, et la municipalité semble considérer qu'il est urgent d'attendre, alors que la décision très officielle d'élever un monument commémoratif ait été prise en Conseil municipal le 25 janvier 1920 (doc 6).
Document 4 - Plan du monument aux morts.
Ce document, intitulé projet Guillouzo, pose question : en l'absence d'indications complémentaires sur le plan, on peut déduire, de la correspondance que monsieur Guillouzo entretient avec la municipalité, qu'il s'agit de l'un de ses projets. Mais il ne s'agit que d'une hypothèse très vraisemblable (allusion à la palme en bronze dans le doc 5), pas d'une certitude.



Document 5 - Lettre du 19 août 1919.
Monsieur Guillouzo propose le granit gris de Daoulas. Un autre granit breton, celui de Kersanton servira pour la construction du monument aux morts de la commune voisine de Pornichet, en 1923. Et c'est ce même entrepreneur baulois qui établira les fondations capables de supporter le monument de Pornichet.


Document 6 - Lettre du 27 janvier 1920, du maire d'Escoublac-La Baule au préfet de la Loire-Inférieure.

Information(s) pédagogique(s)

Niveau :
3ème, 1ère
Type pédagogique :
connaissances
Public visé :
enseignant
Contexte d'usage :
non précisé
Référence aux programmes :
La Première guerre mondiale

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