Élise Lemarié regrette de ne pas avoir organisé une projection du court métrage à l'intention des parents et de tous les élèves de l'établissement. Toutefois, elle envisage une diffusion du film à partir du site du collège, avec l'aide du responsable informatique, et de mettre en ligne le court métrage sur des sites web d'hébergement, de visionnage et de partage. Les enseignants et les membres du conseil d'administration ont vu le produit fini et il est laissé à la disposition des collègues d'Élise Lemarié comme outil pédagogique : la réflexion pourrait aujourd'hui s'engager avec les professeurs principaux à partir du court métrage. L'enseignante a d'abord mesuré la portée du projet sur la classe de sixième dont elle était professeure principale. La maturité était là. L'équipe pédagogique s'accordait pour parler d'un groupe autonome, seuls quelques collégiens se démarquant du portrait élogieux dressé pour la classe. Mais il n'y a pas un élève qui ne se soit pas senti concerné par le projet, les moins scolaires étant ceux qui se sont investis le plus dans la phase du tournage comme acteurs. Difficile cependant de mesurer l'impact sur le comportement d'une classe sans problèmes. Néanmoins, Élise Lemarié, qui a retrouvé les élèves cette année en cours d'éducation musicale, les trouve mûris, plus posés, et juge le climat du collège plus sain, impression que confirment les collégiens. La professeure s'est aussi interrogée sur la valeur ajoutée d'un projet faisant appel à la vidéo ; la réalisation du film a-t-elle été un élément de valorisation pour la classe, déconnecté de l'objectif initial, ou la dimension ludique de la production de fin de séquence a-t-elle rendu service au projet de "Mieux vivre ensemble ?" Selon Élise Lemarié, la capacité de réflexion des élèves a été aiguisée aussi bien par les activités d'analyse des films que de création : "D'un côté, l'interrogation porte sur ce qu'ils ont compris du film, sur les raisons qui font que ça les touche. D'un autre côté, ils réfléchissent aux moyens qui sont à leur disposition pour faire ressentir une émotion, pour que le message passe". Pour faire en sorte qu'on vive mieux dans le collège et responsabiliser les jeunes, les deux étapes de lecture et d'écriture ont été complémentaires. Élise Lemarié ne dissocie pas les deux phases, n'attribue pas la palme de l'efficacité à l'une davantage qu'à l'autre. Le dérushage des scènes tournées a permis de ne pas perdre le fil. Derrière l'outil ludique, la classe cherchait à être efficace pour transmettre le message. Le départ du collège de l'assistante d'éducation, la mutation du principal adjoint et le congé maternité à venir de l'enseignante font qu'il n'est pas prévu de réactiver l'expérience cette année, mais Élise Lemarié envisage de reprendre le projet dès son retour au collège, si les circonstances s'y prêtent, sous une forme artistique ou sous une autre forme. Si elle repart comme elle le souhaite sur un projet vidéo, elle a dans l'idée de consacrer davantage de temps au film, de tourner plus de scènes, devant le collège en particulier où il se passe beaucoup de choses. Elle parle d'un partenariat avec un intervenant professionnel, d'un travail scénaristique développé autour d'un film dialogué, d'une histoire complète à la place d'un film à sketches... Élise Lemarié présuppose que la professionnalisation du dispositif filmique rendra plus efficace son projet d'éducation au respect.