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des élèves plus autonomes grâce à la classe inversée et au plan de travail
En 2020, face aux nouveaux programmes et à la réforme du Baccalauréat, V. Renou a le sentiment d'être mise en échec. La venue de son inspectrice académique – inspectrice pédagogique régional d’espagnol, madame Jego, puis une formation sur la classe inversée assurée par monsieur Gavaland, professeur de physique-chimie et formateur académique, vont lui permettre de mettre en avant la nécessité de travailler avec ses élèves la question de l'autonomie que V. Renou définit ainsi : “C'est le fait d'être capable de travailler seul, de trouver des moyens pour surmonter des obstacles, d'être capable de s'organiser pour parvenir à un objectif. L'autonomie d'un élève est mesurable à l'atteinte de l'objectif (dans le cas de la classe inversée, l'objectif est de parvenir à faire le maximum d'activités) et au nombre de fois où l'élève m'interpelle dans le cours. [...] À partir du moment où l'élève a passé sa séance à travailler et à chercher des solutions à ses problèmes l'objectif est atteint.” Il s'agit donc d'une autonomie organisationnelle et cognitive.
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La classe inversée favorise la coopération entre élèves dans une réelle liberté personnelle puisque V. Renou le rappelle : “Pour les travaux de groupe je n’impose rien, les élèves ont la liberté de choisir” entre travailler seul ou en groupe. Ceux qui se mettent en groupe s’associent spontanément avec un ou quelques copains et l’enseignante observe : “ils sont capables de travailler en groupe avec leurs copains, je dirais même qu’ils sont plus efficaces. Et je n’ai à ce stade encore jamais vu un groupe qui se mettait ensemble et ne faisait rien, contrairement aux travaux de groupes imposés et limités dans le temps, dans le cadre de la classe traditionnelle.” Concernant les élèves moins habitués ou à l’aise pour travailler en coopération, ils restent libres d’avancer seuls mais “très rapidement, l’élève solitaire va se rendre compte qu’il a besoin des autres pour avancer aussi vite qu’il voudrait. Dans un premier temps, il se tourne en général vers la personne la plus proche... et petit à petit il accepte de travailler avec les autres.”
Cette pratique transforme radicalement la forme et la finalité des heures de cours ; une fois la séance initiale de présentation de la séquence effectuée, l'enseignante ne va plus se trouver face aux élèves mais à “enseigner avec les élèves”. Sa posture est donc bouleversée et V. Renou estime qu’elle “développe des compétences beaucoup plus en accord avec elle-même”. Ainsi, dans les cours qu’elle proposait avant de mettre en place sa pratique de classe inversée, elle trouvait que faute de temps (1 heure 30 à 2 heures d’espagnol par semaine) certains élèves étaient trop peu accompagnés et que le moment des corrections était un temps perdu et de passivité pour trop d’entre eux. Là, avec la classe inversée, c’est individuellement que les élèves vont être conseillés, corrigés, et cela à chaque cours. Voici comment l’enseignante définit son activité auprès de chacun : “En ce qui concerne les activités, je les aide à trouver des éléments porteurs de sens, je travaille aussi avec eux sur la mémorisation du vocabulaire, la méthodologie du compte rendu, l’analyse de documents, la prononciation, la syntaxe.” Et pour les corrections elle peut leur expliquer individuellement leurs erreurs.
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Quant à l'enseignante, malgré le fait de devoir gérer parfois quelques effets indésirables de cette méthode (gestion du bruit, de l'espace, de rares élèves ne jouant pas le jeu...) elle apprécie énormément de voir ses élèves progressivement gagner en autonomie, se responsabiliser. Elle gagne aussi à pouvoir davantage écouter, accompagner, connaître et évaluer chacun individuellement, et de sentir qu'un sens se dégage des cours jusqu'à l'aboutissement du projet final. Elle reconnaît juste que certaines conditions sont sinon nécessaires, du moins facilitatrices, comme celle de pouvoir disposer, comme c’est son cas, d’une petite salle attenante à sa propre salle de classe pour élargir l’espace de travail de ses élèves D'ailleurs, loin de s'arrêter là, V. Renou travaille désormais sur un projet de classe renversée qui irait encore plus loin puisque selon ses propres termes, “l'étudiant devient alors enseignant” et l'enseignant laisse encore davantage de place et d'initiatives à l'élève dans la construction des savoirs.
1. Aujourd’hui, avec la modification du règlement de passation du Baccalauréat, les élèves doivent passer des épreuves en fin d’année de terminale attestant leur niveau en compréhension orale, compréhension écrite, expression orale et expression écrite. Elles prendront la forme des anciennes épreuves communces, donc les entraînements existent toujours mais on ne les appelle plus “type bac”. Cette attestation est obligatoire pour l’obtention du bac.
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