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Kak dila? karacho! (en russe : Comment ça va ? Bien !)
Se questionner, chercher, communiquer
Pour les élèves du cycle 3, le travail commence bien avant la Semaine des langues. Pratiquement tous, hormis les nouveaux élèves, ont déjà expérimenté l'événement et savent qu'ils vont rencontrer des gens venus d'ailleurs, durant cette période. Dès que le programme est connu, les enseignants des classes de ce cycle en informent les élèves qui peuvent dès lors se mettre au travail. En effet, dans leur emploi du temps à l'école et en dehors, chacun va pouvoir laisser libre cours à sa curiosité au sujet des pays invités. Sous la forme d'exposés, ces élèves, déjà habitués au travail de groupes, vont réunir les réponses aux questions qu'ils se sont posées. Regroupés par centre d'intérêt et/ou par affinité, ils s'organisent pour aller faire des recherches à la médiathèque de la ville. Ensuite, ils rapportent les informations en classe pour les trier. À partir de ce matériau, ils rédigent, illustrent et mettent en pages le contenu de leurs affiches qui seront présentées au moment opportun. Depuis trois ans, les professeurs constatent que, chaque année, les axes choisis par les groupes sont différents et qu'ils n'ont pas besoin d'intervenir pour éviter les redites au sein d'une même classe. De la nourriture aux loisirs en passant par la géographie et le sport, chacun émet ses désirs de connaissances qui se complètent et s'enrichissent au gré des productions. Un thème commun sert de fil rouge, il s'agit de l'école à travers le monde, de ses rituels, de ses caractéristiques... et puis des opportunités surgissent en fonction des années. Il y a deux ans, une maman qui revenait d'un long séjour en Afrique noire est venue présenter vêtements et instruments de musique. Toute occasion est saisie pour apporter au sein de l'école un petit bout d'ailleurs !
Préparer, organiser
Pendant ce temps, l'ensemble des enseignants concernés prépare la semaine qui se tiendra juste avant les vacances de printemps. Chaque année, il faut solliciter les réseaux professionnels, amicaux, parentaux, afin d'établir le programme de la Semaine des langues. Le but : faire découvrir une langue par jour et ce, par un locuteur natif. Ce n'est pas toujours réalisable ; pourtant, chaque fois, le pari est tenté. La première année, les élèves ont entendu parler l'algérien, le russe et le français créole. La deuxième année, le russe, le chinois, l'italien et le breton. La troisième année, alors que tout était prêt pour qu'enfin cinq langues soit présentées, deux désistements de dernière minute ont réduit l'éventail au russe, au chinois et à l'espagnol. Pari difficile, donc ; néanmoins, si l'on compte le nombre de langues découvertes par les élèves qui sont là depuis trois ans, cela en fait quand même sept sans compter l'anglais... Les locuteurs natifs qui participent au projet viennent passer une matinée à l'école le jour où leur langue est à l'honneur. Ils préparent leurs interventions à leur façon, offrant ainsi une variété dans les séances. Par exemple, depuis deux ans, des étudiantes chinoises de l'IUT (institut universitaire de technologie) voisin viennent à trois et font découvrir aux élèves les idéogrammes. Il faut les reproduire sur le cahier, mais aussi avec ses doigts ; il faut également savoir les prononcer, ce qui n'est pas toujours aisé et provoque quelques fous rires.
Des journées bien remplies !
L'idée de cette Semaine des langues est évidemment de plonger ces jeunes élèves dans un bain linguistique et culturel, mais il ne s'agit pas de les laisser écouter passivement. À chaque présentation, ils sont sollicités pour répéter la prononciation des nombres (acquisition très utile pour la suite de la journée), apprendre à dire les premières phrases d'une entrée en communication (Bonjour, comment ça va ? Bien, merci...), à chanter une chanson ou une comptine, à observer une saynète et à en comprendre le sens grâce au jeu théâtral. C'est ainsi, par exemple, que le russe ou l'algérien ont pu être découverts car il y avait, dans les deux cas, un adulte et une élève de la même nationalité qui pouvaient se prêter au jeu. Pour l'une des élèves concernées, l'effet a été très bénéfique car son tempérament réservé n'avait pas permis à ses camarades d'imaginer qu'elle avait un monde à elle dans une autre langue, un monde qui l'amusait et la transformait... Après un temps consacré à la langue elle-même, c'est l'aspect culturel qui est abordé avec les intervenants. Pour la troisième édition de cette Semaine des langues, la séance en russe a été prise en charge par Anna, élève de CM2, Ukrainienne d'origine (voir page8). Son père ne pouvait être présent et la petite fille l'a donc remplacé au pied levé. Après la partie linguistique, elle a parlé de ses trois voyages dans le pays de ses grands-parents, de ce qu'elle y avait goûté, vu... tout en montrant sur un planisphère l'étendue de la Russie et du récent État ukrainien. Étendue si vaste qu'un des élèves de CE2 l'interroge : Est-ce que les gens, là-bas, ont aussi des journées de 24 h ?.
Écouter, comparer, jouer...
... mais aussi lire et compter !
Pour les élèves de cycle 3, les enseignantes ont aussi prévu des tâches liées aux disciplines du français et des mathématiques. À partir d'une recette de cuisine du pays à l'honneur ce jour-là, les élèves travaillent sur la proportionnalité ou sur les mesures de quantité ou de durée. Le même support, ou un autre, peut également associer une étude grammaticale du français (retrouver les verbes dans la recette pour en lister les différentes étapes), une étude lexicale (par exemple, le tubercule de gingembre nécessite d'abord d'être expliqué par rapport au mot tubercule), et un apport culturel (les produits traditionnels d'un pays, tel le gingembre). Chaque jour, donc, à partir d'une recette de cuisine, d'un conte, d'une chanson ou d'un poème, les élèves poursuivent leurs découvertes tout en lisant, en comptant, en analysant... L'oral aussi est travaillé lorsque les élèves répondent aux sollicitations de leurs enseignants qui leur ont proposé d'apporter un objet de chez eux en rapport avec la langue étudiée. Souvenirs de voyage, cadeaux, cartes postales, bien des objets de la maison peuvent être le support d'une présentation orale de son propriétaire qui doit expliquer le lien avec le pays. Enfin, les arts ne sont pas oubliés et la musique et la peinture offrent de multiples occasions de faire connaissance avec une œuvre dont l'auteur russe, chinois ou italien a marqué l'histoire des arts. Quand la semaine se termine, les élèves demandent déjà quand cela recommencera ! La motivation depuis trois ans ne se dément pas.
La récompense
Les enseignants constatent avec plaisir l'effet produit sur les élèves qui se montrent intéressés, attentifs, curieux... Alors, ils sont d'autant plus ravis de pouvoir offrir un prolongement à cette semaine particulière. En effet, une maman d'élève s'occupe depuis plusieurs années de l'association France-Russie. Elle-même professeure de russe, elle organise annuellement un échange avec des Russes de sept à treize ans qui sont issus de plusieurs écoles avec une spécialité artistique. Depuis trois ans, lors de leur venue en juin dans la région nantaise, la professeure réserve une de leur journée à une représentation sur Saint-Nazaire. L'école Michelet en tire bénéfice puisqu'elle reçoit les jeunes Russes toute la matinée. Révision, donc, pour les petits Nazairiens, il faut se réapproprier les nombres en russe, le vocabulaire de base pour les premiers contacts et la chanson ou la danse traditionnelle apprise pendant la Semaine des langues. Les élèves français et russes partagent leur savoir-faire en se montrant leurs petits spectacles, et même si le niveau est loin d'être identique (les élèves russes, ceux, entre autres, de l'école Montessori de Saint-Pétersbourg, sont presque professionnels en danse, théâtre, cirque...), les rencontres sont extrêmement fraternelles et joyeuses. Elles se terminent souvent par un temps de hip-hop improvisé sur la cour. Trente minutes, cette année, ont été prévues pour cette troisième édition afin que tous puissent en profiter pleinement !
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