
'est au cours de l'été 2016, lors d'une rencontre organisée par le Cercle de recherche et d'action pédagogiques (Crap) des Pays de la Loire, qu'elle observe une séance de Discussions à visées démocratiques et philosophiques (DVDP) avec des enfants de moins de douze ans. À la rentrée 2016, soucieuse d'offrir un vrai espace de parole, elle décide d'expérimenter ce dispositif pour ses classes de seconde et de terminale section AbiBAC, au rythme d'une fois toutes les six semaines.
Pour le lancement, Anne Pédron propose le sujet de la première discussion et explique aux élèves son choix. Par la suite, elle leur laisse la liberté d'émettre des questions sur les thèmes qui les intéressent en lien tout de même avec le programme d'histoire-géographie ou d'EMC et de les choisir. Sans les imposer, elle les aiguille donc vers des thèmes qu'ils peuvent relier à leurs programmes scolaires et qu'ils pourront aussi alimenter. Pour cela, les élèves votent une semaine avant la date de la DVDP pour le sujet qui leur semble le plus à même de générer de la discussion et de faire réfléchir. C'est ainsi qu'ils ont pu débattre des sujets suivants au cours de l’année : "Peut-on être heureux à l'école ?", "Peut-on manger des animaux ?", "À quoi sert le travail ?", "Qu'est-ce-que réussir sa vie ?", "Pouvons-nous imaginer un monde sans consommation ?", "Doit-on perpétuellement croître ?".
Le délai d'une semaine entre le moment du vote et la date de la DVDP laisse les élèves libres de réfléchir et de faire des recherches s'ils le souhaitent. Aucune consigne de travail n'est donnée par l'enseignante en amont qui souhaite ainsi laisser "les élèves y penser à leur façon" sans leur imposer un questionnement préalable.