Espace pédagogique

le monument aux morts d'Escoublac - La Baule (4)

De 1923 à aujourd'hui, les enjeux des emplacements successifs du monument.


Mais que faire du monument ? Faut-il le transporter dans le cimetière, ou le laisser sur place en supprimant la croix ? Apparemment, l'article 28 de la Loi du 9 décembre 1905, sur la séparation des Eglises et de l'Etat, est sans équivoque, qui « interdit d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics...à l'exception....des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires... ». Dès le 18 avril 1919, le Ministre de l'Intérieur avait par ailleurs envoyé des instructions précises aux différents préfets chargés d'examiner  les projets de monuments commémoratifs des communes dans leur département : aucun emblème religieux pour les monuments aux morts construits sur la voie publique.
Mais monsieur Pavie est un homme plein de ressources. Il s'appuie sur une interprétation assez libérale de l'article 28 (doc 15) pour conserver la croix à ce monument très proche de l'église (doc 16). L'atmosphère s'apaise au sein du Conseil municipal : en démissionnant, monsieur Pasquier laisse le champ libre au conseiller indélicat, qui compte de nombreux soutiens au sein de la municipalité.

Doc 15 : Réponse du ministre de l'Intérieur à une question d'un Député, concernant les emblèmes religieux sur les monuments aux morts.



Ce document est daté du Journal Officiel du 21 mai 1921, mais se trouve dans le dossier, à la fin des échanges épistolaires de 1923 (doc 13 et 14). Il est tout à fait envisageable que la sous-préfecture de Saint-Nazaire ait alors fourni cette pièce à monsieur Pavie, ce qui lui permet de se sortir de ce mauvais pas. Des deux arguments, ce n'est pas celui du cimetière désaffecté, autour de l'église, qui semble avoir été retenu, mais plutôt la distance (toute relative) entre le monument et la voie publique. Cet argument est souligné au crayon de papier par une main anonyme.

Document 16 - Carte postale  le 11 novembre 1923

Le 11 novembre 1923, le monument est bien fleuri, mais pas un mot dans les délibérations municipales.


En 2000, le monument aux morts d'Escoublac sera déplacé, particulièrement au motif qu'il était trop proche de l'église. Installé à une trentaine de mètres, il conserve la croix (doc 17) qui fut l'objet de vives tensions aujourd'hui oubliées.

Doc 17 : Photo actuelle du document, après son déplacement en 2000.

La mémoire collective bauloise a oublié l'incident lié à la croix. En 2000, les enjeux n'étaient plus la composition du monument, mais son emplacement.




Un autre monument aux morts fut inauguré, en 1935, à La Baule, dans la station balnéaire. Ce monument, situé place de la Victoire, près de la poste centrale, ne comporte aucun emblème religieux. Il se substitue peut-être à la plaque commémorative qui devait être apposée dans la chapelle Sainte Anne (doc 1), et dont nous n'avons trouvé aucune trace écrite, ni témoignage. Ce nouveau monument aux morts témoigne aussi de l'ascendant définitif pris par l'habitat littoral, ascendant illustré par la transformation du nom de la commune, devenue La Baule-Escoublac en 1962.

Information(s) pédagogique(s)

Niveau :
3ème, 1ère
Type pédagogique :
connaissances
Public visé :
enseignant
Contexte d'usage :
non précisé
Référence aux programmes :
La Première guerre mondiale

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